Stéphane Gladyszewski

artiste indiscipliné

Dans son studio-laboratoire, Stéphane Gladyszewski multiplie les expérimentations « technorganiques » à travers lesquelles il tente de rejoindre la part cachée d’une corporéité multiforme. Son travail qui se situe au croisement de la performance, des arts visuels et numériques cherche à explorer les limites de la perception. Les outils technologiques que l’artiste se donne sont alors des moyens pour démultiplier les sensations; des façons de débouter le réel tangible, de lui faire perdre pied et d’aller de l’autre côté de l’enveloppe des choses et du corps.

Artiste du corps, de l’image et de la lumière, Stéphane Gladyszewski a étudié et travaillé en photographie avant de recevoir une formation en beaux-arts (Université du Québec à Montréal - UQAM, Université Concordia). Dès la fin de ses études, son orientation multidisciplinaire s’affirme : supporté par le Conseil de développement pour les Arts Imperial Tobacco il crée Ab Ovo - Terre Promise, un écosystème interactif gravitant autour du concept d'éclosion du fruit de l'asclépiade. Suivra ensuite Ov (2002), une installation optique, et In Side (2003), une performance intégrant le corps virtuel au corps charnel pour laquelle il reçoit le Prix de la Création remis par l'Office Franco Québécois pour la Jeunesse.

Attiré par le mouvement, c'est par le contact improvisation que passe son initiation à la danse. Un hasard heureux – et une part de défi! – l'amène à une audition pour la compagnie Daniel Léveillé Danse en 2004; il sera de la trilogie Amour, acide et noix, La pudeur des icebergs et Le crépuscule des océans. Il sera aussi interprète pour la pièce Grand singe de Nicolas Cantin. Son inscription dans la danse se réalise également par des objets scéniques créés pour différents chorégraphes tel que Line Nault, Peter James, Mia Maure Danse, Anne Thériault et Hinda Essadiqi. C'est avec la pièce Aura (2005), présenté la même année à l'Espace Tangente et au Festival TransAmériques, que Stéphane Gladyszewski consolide l'élaboration de son propre langage surréaliste en conjuguant matière, corps et rêve incantatoire. Ses explorations sur la perception sensorielle l'amène à élaborer ses propres outils et installations optiques.

En 2008, il conçoit un système de projection «vidéo thermique» qui offre de nouvelles stratégies de diffusion de l'image vidéo qu'il met à contribution dans le projet Corps noir. Pour cette œuvre, l'artiste choisit d'en devenir la matière même, de s'exposer et de produire un autoportrait éclaté, fondé sur les constructions fantasmatiques de la psyché. À l'aide des mêmes principes technologiques, il chorégraphie le duo Chaleur humaine présenté dans un bar de danseuses nues dans le cadre du projet Danse à 10. Il réalisera aussi des performances audiovisuelles in situ soit Corps noir Annexe II présenté au FTA (2009) ainsi qu'un parcours lumineux créé aux Hivernales d'Avignon (2009), deux installations-performances où il approfondit ses recherches sur la persistance rétinienne.

Avec sa création Tête à tête, Stéphane poursuit ses recherches identitaires et ses explorations sur les rapports d'intimités à travers le spectacle vivant. En 2012, il se voit décerner le prix Art + Émergence par le Conseil des arts de Montréal et la Conférence régionale des élus de Montréal pour les créations Corps noir et Tête à tête.

Depuis 2010, Stéphane fait partie du groupe d’artistes parrainé par la compagnie Daniel Léveillé danse.



Stéphane Gladyszewski